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L'importance d'enseigner comment cuisiner aux enfants

de Mark Pinder

Zonedesparentsdumanitoba, remercie M. Mark Pinder, un contributeur invité, de son article d’information sur l’importance d’enseigner la nutrition et les aptitudes culinaires aux enfants. M. Pinder est un étudiant de 4e année en sciences de la nutrition à la faculté d'écologie humaine de l’Université du Manitoba.

Tout le monde a entendu des contes de fées pendant son enfance. Vous savez « Il était une fois, dans un pays fort lointain, une princesse vivant dans un château ». Ce sont presque toutes de vieilles histoires transmises de génération en génération. Mais, peut-être que ces histoires sont dépassées et qu'elles doivent être actualisées pour les rendre plus pertinentes pour les enfants d'aujourd'hui. Peut-être qu'au lieu d'une princesse vivant dans un château, nous devrions commencer à raconter des histoires sur des sujets fantastiques et incroyables comme une maitresse de maison qui, dans sa cuisine, prépare un repas à partir de rien pour sa famille. Cela peut paraître drôle, mais la triste réalité, c'est que pour certains enfants ce concept est aussi fantaisiste que celui d'une princesse vivant dans son château l'est pour vous et moi. Une maitresse de maison? De nos jours, les enfants risquent plus de penser qu'une maitresse de maison est une femme qui s'est mariée à une maison plutôt qu'une mère au foyer. Statistique Canada indique que le pourcentage de femmes de la main-d'œuvre salariée ayant des enfants de moins de 16 ans était de 72,9 % en 2009, par rapport à seulement 39,1 % en 1976. Ce pourcentage a presque doublé en un peu plus d'une génération. Selon votre âge, il se peut que vous rappeliez des repas préparés à la maison avec des ingrédients véritables non transformés. Si c'est le cas, il y a des chances que vous avez acquis au moins quelques aptitudes culinaires de base. Malheureusement, souvent, les familles ne préparent plus leurs repas de cette façon. Avec le style de vie occupé et effréné que la plupart d'entre nous mènent dans notre société moderne et le fait que les parents de la majorité des foyers travaillent, les repas cuisinés à la maison ne sont parfois pas une option. Combinez ceci à l'offre sans cesse croissante d'aliments rapides et pratiques et il est facile de voir pourquoi les repas sont souvent achetés ou, au mieux, retirés de leur emballage et réchauffés.

Cela comporte des problèmes évidents. Une alimentation riche en calories et hautement transformée ayant peu de valeur nutritive mène à une consommation excessive qui est bien sûr associée à l’obésité et à la dénutrition. Aussi mauvais que cela soit pour les adultes, c’est encore pire pour les enfants dont l’organisme en pleine croissance a besoin d'un approvisionnement régulier en nutriments et qui peuvent être touchés physiquement et émotionnellement pour le reste de leur vie par l’apparition de l’obésité. Une question moins évidente peut être que ces enfants n’apprennent pas à cuisiner. Les enfants apprennent la plupart de ce qu’ils savent en observant les comportements démontrés, souvent par leurs parents. Si on leur montre comment cuisiner en passant par le service à l’auto ou en cuisant les aliments au micro-ondes après les avoir retirés de leur emballage, c’est comme cela qu’ils apprendront à cuisiner leur repas. Ce comportement sera perçu comme normal et la plupart n’y penseront pas du tout en vieillissant et en commençant à s’occuper d’eux-mêmes. Non seulement n’auront-ils pas les aptitudes de base pour la préparation des aliments, mais ils courront également un risque accru d’obésité et d'avoir peu de connaissances nutritionnelles ainsi qu’une vision déformée de ce qu'est un aliment « sain ». Une étude publiée par van der Horst, Brunner et Siegrist (2011) a montré que, par rapport aux adultes de poids normal, les adultes en surpoids étaient plus susceptibles de se sentir plus positifs quant au contenu en nutriments et en vitamines des repas prêts-à-manger. La même étude a montré également que la consommation des repas prêts-à-manger était liée aux aptitudes culinaires. De nombreuses habitudes alimentaires sont développées pendant l’enfance et se poursuivent pendant toute la vie. Si la cuisine est présentée comme un processus difficile, long et habituellement ennuyant, il sera difficile de convaincre une personne de passer des aliments rapides et faciles aux aliments préparés à la maison qui exigent une certaine planification et créativité, ainsi que, bien sûr, les aptitudes pour y arriver!

Alors, que faut-il faire? Comment faire en sorte que les enfants s'informent sur l'alimentation et la nutrition, et apprennent au moins les aptitudes culinaires de base? Le terme-clé là est en apprenant! Comment apprenons-nous? L'apprentissage passe par l'enseignement, puis la mise en pratique. Traditionnellement, cela arrive à la maison avec les plus âgés des membres de la famille. Idéalement, la majorité de l'apprentissage devrait avoir lieu de cette façon. Mais comme nous le savons, avec deux parents qui travaillent, des horaires très chargés pour les parents et les enfants, et le rythme généralement effréné qui est maintenant la norme, cela n'arrive pas aussi souvent que cela le devrait, ce qui est vraiment la faute de personne. Peut-être faudrait-il encourager davantage les cours de nutrition et de préparation des aliments à l'école maintenant que cela arrive moins souvent à la maison. Bien sûr, les enfants bénéficient d'un peu de formation en nutrition, et certains élèves peuvent avoir l'occasion de cuisiner un petit peu une fois plus âgés, bien que cela arrive bien moins souvent que par le passé. Nous devons nous efforcer d'offrir de nouveau cette matière et de le faire plus tôt. Il a été démontré que l'acquisition de nouvelles aptitudes culinaires mène à une plus grande confiance en soi pour préparer et essayer de nouveaux aliments, ce qui entraîne divers avantages. Selon une étude de Wrieden et autres en 2007, lorsqu'on enseigne des aptitudes culinaires de base aux personnes qui n'en ont pas, la consommation de fruits et de légumes augmente ainsi que la capacité de suivre une recette. Une étude similaire publiée en 2013 par Garcia et autres a montré aussi que la consommation de fruits et de légumes augmentait chez les participants, ainsi que la capacité de suivre une recette, et qu'il y avait une réduction importante de la quantité d'aliments déjà préparés consommée chaque semaine, en raison d'une plus grande confiance en soi et de la volonté de cuisiner pour soi-même.

En enseignant à nos enfants l'importance d'une bonne nutrition et la manière de l'obtenir grâce aux aptitudes leur permettant de préparer leur propre nourriture, nous leur offrons une certaine indépendance et une meilleure chance de vivre sainement. Mais surtout, nous les munissons de ce dont ils ont besoin pour en faire aussi profiter leurs enfants. Lorsque quelque chose d'aussi simple que l'apprentissage de la cuisine peut offrir de si grands avantages non seulement aux particuliers, mais également à la société tout entière, comment ne pouvons-nous pas faire en sorte de transmettre ce savoir à la prochaine génération?

Les études citées dans le présent article se trouvent aux adresses suivantes :

van der Horst, K., Brunner, T.A., Siegrist, M. (2011). Ready-meal consumption: Associations with weight status and cooking skills. Public Health Nutrition, 14(2), 239-245

Wrieden, W.L., Anderson, A.S., Longbottom, P.J., Valentine, K., Stead, M., Caraher, M., Lang,

T., . . . Dowler, E. (2007). The impact of a community-based food skills intervention on cooking confidence, food preparation methods and dietary choices – An exploratory trial. Public Health Nutrition, 10(2), 203-211. doi:http://wrap.warwick.ac.uk/684/1/WRAP_Dowler_Impact_community.pdf

Garcia, A.L., Vargas, E., Lam, P.S., Shennan, D.B., Smith, F., & Parrett, A. (2013). Evaluation of a cooking skills programme in parents of young children – A longitudinal study. Public Health Nutrition, 1-9. doi: http://journals.cambridge.org/

Pour en savoir davantage sur la manière de cuisiner avec les enfants :